2008-06-11 Le juge d'un procès pour obscénité avait un site porno

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Le juge d'un procès pour obscénité avait un site pornographique

Le mercredi 11 juin 2008 Agence France-Presse Los Angeles


Un procès pour «obscénité» intenté à un distributeur de DVD pornographiques en Californie a été suspendu mercredi, après qu'un journal eut révélé que le juge présidant à l'affaire avait mis en ligne des photos classées X sur son site internet personnel.

A la demande du parquet, le juge fédéral Alex Kozinski a accepté mercredi après-midi de suspendre le procès pendant 48 heures, le temps pour le ministère de la Justice de décider si l'attitude du magistrat pouvait fausser les débats.

Le Los Angeles Times avait indiqué mercredi que le juge, qui préside par ailleurs la cour d'appel fédérale régionale, dite du «9e circuit», avait mis en ligne sur son site internet personnel des photos pornographiques et zoophiles.

Interrogé par le journal, le magistrat a affirmé qu'il ne pensait pas que ces images étaient accessibles au grand public et qu'il les avait immédiatement enlevées. Il a reconnu que des photos étaient «inappropriées» mais qu'il pensait que certaines étaient drôles.

Ce développement a fait passer au second plan le procès à Los Angeles d'Ira Isaacs, 57 ans qui se voit reprocher d'avoir importé et vendu des documents obscènes, quatre chefs d'accusation au total qui pourraient lui valoir en théorie 20 ans de prison. Les DVD en question montrent des scènes de zoophilie, d'ondinisme et de coprophagie.

«Ces films ne sont pas considérés comme une pornographie ordinaire ou typique de relations sexuelles entre adultes consentants», a affirmé le représentant du parquet, Kenneth Whitted, à l'ouverture des débats mercredi matin, en qualifiant ces oeuvres de «perverses».

De son côté, l'avocat de l'accusé, Roger Diamond, a reconnu que les films étaient «choquants». «Ils sont de nature à dégoûter, à mon avis, la plupart des gens», a-t-il dit. Mais il a aussi défini son client comme un «artiste du choc». Ce dernier a reconnu les faits mais conteste s'être mis en infraction avec la loi.

La législation américaine punit l'«obscénité», mais depuis un arrêt de la Cour suprême en 1973, les oeuvres ayant une valeur «littéraire, scientifique ou artistique» significative ne tombent pas sous le coup de cette loi. Le premier amendement de la Constitution américaine défend en outre la liberté d'expression. L'accusation veut montrer les films en intégralité aux jurés.

Le juge Kozinski, connu pour être un fervent défenseur du premier amendement, a convoqué le jury lundi matin pour la suite des débats.