2009-09-01 L'homme et la brebis

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Un article étonnamment documenté pour un faits divers. A fortiori publié dans la presse africaine assez prompte habituellement à jouer sur le sensationnalisme de ces affaires et à les considérer comme des "perversions" importées de l'occident.

Bon, l'article n'est tout de même pas très favorable au zoophile mais il apporte une information sur le statut légal de la zoophilie au Mali.


Article original

L’homme et la brebis

G. A. Dicko

l'Essor n°16518 du - 2009-09-01


I.D. préfère aller avec les bêtes parce qu'il ne paie rien et ne risque pas d'attraper des maladies sexuellement transmissibles


La zoophilie désigne l'attirance sexuelle ou affective d'un humain pour les animaux. Elle est généralement considérée comme une déviation ou une perversion sexuelle, dans laquelle l’animal devient un objet du désir. Bien qu'elle ne soit plus listée dans le DSM, référence psychiatrique en matière de pathologie mentale, depuis 1980 dans certains pays européens, cette pratique est, depuis 2004, punie par la loi en France. Dans notre pays, la zoophilie, à notre connaissance, n'est pas connue par la loi à fortiori la réprimer.

La pratique de la zoophilie remonte à l'antiquité. Il existe de nombreux dessins de cette période l'illustrant. Le thème a inspiré de nombreuses œuvres d'art. Aux USA, le fameux rapport Kinsey sur la sexualité faisait état de 8% d'adultes ayant eu, au moins une fois, cette pratique.

La zoophilie est plus répandue à la campagne qu'en ville. En campagne ce sont surtout les hommes qui entretiennent des rapports avec des femelles d'animaux domestiques. En ville, sous d'autres cieux, notamment en Occident, ce sont plutôt les femmes qui entretiennent des rapports intimes avec leurs animaux de compagnie.

La zoophilie exclusive est classée dans les déviations sexuelles comme l'exhibitionnisme et le fétichisme.

Notre héros du jour, I.D. ne vit pas sous d'autres cieux, mais tout près de nous à Niamakoro. L'homme d'un âge moyen est bien connu dans le quartier pour sa timidité et son caractère très courtois envers les voisins et les proches. Mais ce que ceux-ci ne savaient pas c'était que I.D. est un pervers de la pire espèce. Il a une aversion pour les femmes. Entre lui et celles les rapports se limitent aux simples salutations. Des mauvaises langues avaient même commencé à le qualifier d'impuissant sexuel. Ce qui s'avéra faux la semaine dernière. Mais de la manière la plus odieuse.

Dans la nuit de samedi à dimanche dernier, il n'avait pas plu aux premières heures. La chaleur moite associée aux moustiques obligea beaucoup de personnes à aller chercher de l’air. Il y avait donc un mouvement continu dans le quartier. Des jeunes allaient et venaient, histoire d'écourter la nuit et de prendre le « sougouri » avant d’aller se coucher pour ne se réveiller que très tardivement dans la journée.

I.D. avait quitté précipatemment ses amis après avoir rompu le jeûne pour se rendre dans une maison en chantier non loin de chez lui. Là des brebis paissaient tranquillement avant de rejoindre leur enclos à quelques mètres. Le propriétaire V.B., un homme d'un âge avancé les attendait. Il savait que ses animaux n'allaient pas passer la nuit au dehors. Il prenait du thé devant la porte et surveillait de loin les mouvements des bêtes et tout ce qui passait dans les environs. Il ne voulait pas se faire surprendre comme ce fut le cas il y a quelques années lorsque des voleurs lui avaient vidé son enclos une nuit de pluie.


PANTALON BAISSE.

Lorsque le berger finit de prendre les trois verres de thé et sentit le besoin de rejoindre son lit, il quitta sa chaise en Nylon et alla vers les animaux. Le gros du troupeau paissait encore dans la cour du chantier envahie par des herbes folles. Mais une brebis, la plus grosse n'était pas là. Le propriétaire s'affola sans trop chercher. Pour lui, la matriarche de son troupeau avait été volée. Il contourna en hâte le bâtiment, fit le tour de tous les coins en regardant dans tous les sens sans repérer sa brebis choyée. V.B. décida alors d'entrer dans chacune des chambres en construction du bâtiment. Une première, puis une deuxième inspection ne donnèrent rien. C’est dans la troisième chambre qui semblait vraisemblablement servir de magasin, qu’il tomba sur l’inédit. Il aperçut dans la pénombre, un homme, le pantalon baissé jusqu'aux genoux, tenant la bête par les flancs et en train d'entretenir des rapports sexuels avec elle.

Surpris par ce qu'il venait d'apercevoir, le propriétaire des animaux se frotta les yeux pour mieux voir s’il n’était pas en train de dormir débout. Pour lui, le spectacle qui s'offrait à lui ne pouvait pas être de la réalité. Il ne l'avait jamais vu ni dans un rêve, ni dans une salle de cinéma. I.D., pendant ce temps, était tellement aux anges qu’il n'avait pas remarqué la présence dans les locaux de l'homme posté derrière lui. Pour s'en rendre compte, il a fallu que V.B. le saisisse par la ceinture et lui lance "ni ye mu ye" (c'est quoi ça en Bamanankan).

A ces mots, I.D. s'arracha à la bête et voulut prendre la fuite. Mais le propriétaire de l'animal le tenait déjà bien par la ceinture. Il se débattit comme il pouvait sans pouvoir se défaire de l'emprise de l'homme. Lorsque V.B. sentit que ses forces commencer à faiblir (I.D. étant un homme au gabarit impressionnant), il cria au secours. Des jeunes qui passaient vinrent à son secours et l'aidèrent à maîtriser le zoophile.

Après quelques explications données par le propriétaire de la brebis., I.D. qui a failli connaître les plus sales moments de sa vie, eut la chance d'être conduit au commissariat du 10e arrondissement. L'inspecteur Maky Sissoko le reçut et l'écouta sans bien comprendre de quoi il s’agissait vraiment. Il ne nia pas un seul mot des propos de V.B. et expliqua son acte par deux faits : le premier d'après lui, c'est le mois de carême. Pour lui, il n'était pas question pour lui de faire un péché avec une femme d'autant plus que c'est un acte condamné par la religion. La deuxième raison avancée par l'homme, ce sont les multiples maladies qui existent aujourd'hui. I.D. dit craindre les infections sexuellement transmissibles. Les bêtes, croit-il savoir, ne sont pas porteuses des maladies comme le sida. Il les préfère donc aux femmes plus coûteuses et plus enclines de lui transmettre de graves maladies.

Les policiers, à moins qu'ils ne retiennent contre I.D. une atteinte à la pudeur, ne savent sous quel angle traiter cette affaire.

Car notre droit positif ne prévoit pas les problèmes de zoophilie. Sur demande du propriétaire de la brebis, I.D. a été relâché. Mais depuis lors, il n'a plus été vu dans son quartier. Peut-être, a-t-il peur d'être indexé par tous comme celui qui fait l'amour avec les animaux.

G. A. DICKO