Analyse:MinutePapillonN89

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Une vidéo au gout amère...

C'est avec une surprise certaine que j'ai découvert cette vidéo de Minute Papillon, intitulée "Zoophilie : L'ouverture d'esprit".

_Analyse objective de la vidéo La vidéo comprend deux parties : une partie où Kriss essaie, et arrive, à convaincre deux personnes (Un hipster et un anti-spécisme) qu'il faut accepter la zoophilie. Première Partie Au départ, les deux personnages sont réticents à cette idée.

Kriss commence alors par parler au Hipster qui se dit être très ouvert d'esprit, et que l'on devine se battre pour la défense de l'homosexualité : "- Kriss : Ils devraient aussi posséder les même libertés, et j'imagine que ça ne te viendrais pas à l'esprit d’empêcher deux chiens mâles de forniquer ? - Anti-Spécisme : Bah bien sûr que non ! - Kriss : Tout comme toi, tu ne le ferais pas pour deux hommes ? - Hipster : Ho non, je me bats même pour qu'on puisse le faire aux yeux de tous !"

L'anti-spécisme apparait lorsque la notion de spécisme entre en jeu : "Pardon, j'ai bien entendu ? y a du relent de spécisme par ici ?"

Kriss tente alors de démontrer que si on est anti-spéciste, alors on n'a d'autre choix que d'accepter la zoophilie. Pour se faire, il pose une série de questions, en amenant les deux personnages à adhérer à son postulat de départ : "- Kriss : Ils devraient aussi posséder les même libertés, et j'imagine que ça ne te viendrais pas à l'esprit d’empêcher deux chiens mâles de forniquer ? - Anti-Spécisme : Bah bien sûr que non ! - Kriss : Tout comme toi, tu ne le ferais pas pour deux hommes ? - Hipster : Ho non, je me bats même pour qu'on puisse le faire aux yeux de tous ! - Kriss : Tu ne vois pas de problèmes pour que deux chiens de races différents le fassent ? ou un âne et un poney ? Et tu vas pas t'imposer pour stopper les coïtes entre une otarie et un manchot en Antarctique ? - Anti-Spécisme : Ben tant qu'ils sont tous consentants et qu'ils se blessent pas, bien sûr que non ! - Kriss : Exactement ! Et c'est le même mot d'ordre, la violence et la contrainte, une fois bannies, le choix du partenaire doit rester une liberté. Et bannir l'Homme des relations de sexe inter-espèces en lui attribuant une condition morale supérieure, c'est du spécisme les mecs !" Et là, l'anti-spécisme de conclure : "- Anti-Spécisme : Mais tout à fait hein ! Je suis pour la zoophilie, du moment qu'aucun mal n'est fait à l'animal, et que si il y a sexualité, il y ai consentement des deux côtés !"

S'en suit rapidement : "- Kriss : Bah bien entendu, sinon c'est du viol, ça a plus rien à voir. Et tous les vegans pro-zoophiles ne le sont que tant qu'il n'y a pas de violence, de contrainte, ou de peur. Mais attention ! Tous les vegans ne sont pas pour la zoophilie hein , loin de là. - Anti-Spécisme : Faut croire que certains manquent encore d'un peu d'ouverture d'esprit hein, c'est pas mon cas - Kriss : C'est vrai, et j'imagine que pour un défenseur des libertés tel que toi, qui se bat jour après jour pour l'évolution des moeurs, laisser à tout à chacun le choix de son partenaire, sans distinction de sexe ou d'espèce, c'est un combat qui mérite d'être mené !" Et le hipster d'abdiquer à son tour : "- Hipster : Oui c'est vrai, c'est important de lutter pour une plus grande liberté inter-espèces!"

Seconde partie Si vous aussi vous vous dites "Hourra ! enfin quelqu'un qui ose dire que les animaux peuvent avoir du plaisir !", attendez un peu, vous n'êtes pas au bout de vos peines. Après un premier générique de fin, la seconde partie de la vidéo est un sujet tout autre qui peut presque (c'est là toute la question de l'amertume que laisse le visionnage de cette vidéo) être prise à part. Je prends la conclusion de la vidéo : "Le monde devient ce que l'on en fait. Et finalement, je me demande si l'ouverture d'esprit ça serait pas d'accepter d'écouter et de comprendre tous les points de vue, sans pour autant ouvrir les bras à tout et n'importe quoi."

Pour arriver à cette conclusion, Kriss explique "que peu importe l'idée, une fois qu'elle est insérée dans le champs des possibles, elle est automatiquement propagée." et continue : "Et dans un terreau fertile comme l'est internet, même le truc le plus débile ou dégueulasse du monde, s'il est toléré, est très vite copié collé par une ribambelle de moutons, qui boufferaient leurs excréments pour endosser une pointe d'originalité." Il donne deux exemples pour appuyer sa thèse : - "La majorité des actes zoophiles à la campagne, au siècle dernier, étaient perpétués par des gens ayant vu les autres le faire." - "La première fois qu'un sombre connard s'est fait exploser dans la foule, la plupart des gens lui ont chiés dessus violemment, mais malheureusement, il y a eu quelques trous du cul, qui lui ont cherché des excuses, voir même qui l'ont hissé au rang de martyr... Et progressivement, la mise en berne de ce genre d'actes fait qu'aujourd'hui une flopée de pauv' types vont faire des stages dans le désert pour apprendre à se suicider collectivement tout seuls"

Conclusion Pour conclure l'analyse de cette vidéo, au sens structurelle: - Dans la première partie, Kriss qui démontre avec succès à deux personnages (l'un ouvert d'esprit militant pour la défense des droits des homosexuels, l'autre étant un anti-spécisme) qu'on n'a d'autre choix que d'accepter la zoophilie, par soucis d'égalité, d'abord en calquant les relations Hommes-Hommes, ensuite en calquant les droits Animaux-Hommes. - Dans la seconde partie, Kriss nous explique que le monde est ce que nous en faisons, qu'Internet est un monde fonctionnant par émulation, que les moutons qui surfent sur Internet vont reproduire ce qu'ils voient, et que, finalement, même si on peut accepter d'écouter et de comprendre tous les points de vue, on ne doit pas forcément tout accepter.

_Analyse subjective de la vidéo Je viens de terminer la partie structurelle et objective de cette vidéo. Place maintenant à une analyse critique mais subjective.

A noter que cette vidéo a été postée le 7 septembre 2016. Nous sommes aujourd'hui le 13 septembre 2016, et malgré un message Facebook, un message Twitter, un email, un message sur le Tipee de Kriss, je n'ai, à ce jour, obtenue aucune réponse de sa part. C'est donc triste, mais je me vois contrains d'analyser cette vidéo d'une façon subjective, mais je vais malgré tout essayer d'analyser tous les cas possibles.

Comme je l'ai déjà dis, cette vidéo m'a laissé un gout amère après l'avoir vue. Plusieurs raisons à cela : - Pourquoi cette vidéo ? - D'où vient cette idée que même si une idée est argumentée, démontrée, qu'on puisse quand même la rejeter ? - Au nom de quoi on pourrait ne pas accepter une idée même si elle est démontrée ? - Quelles sont les conséquences si on applique cette façon de penser à d'autres sujets ? Est ce que je peux trouver des exemples d'application pertinents ?

Les questions qui se posent dans la vidéo Cette vidéo apporte un lot de questions intéressantes, et même si elle y répond pour la pluspart, je trouve intéressant de les lister : - Les gens ou une partie des gens sont des moutons (c.f. l'idée "J'encule un mouton" ou "La majorité des actes zoophiles à la campagne, au siècle dernier, étaient perpétués par des gens ayant vu les autres le faire." - Les moutons reproduisent ce qu'ils voient sans réfléchir - Certaines personnes tentent d'excuser, de démontrer que le point de vue des initiateurs est acceptable - Les moutons reproduisent ce qu'ils voient sans réfléchir x 2

Pourquoi cette vidéo ? Kriss, par cette vidéo, apporte une idée simple, que je résumerais par : "Avec la plus grande ouverture d'esprit, on se doit d'accepter et de comprendre tous les points de vue, mais avant de les accepter, il faut regarder quels en seraient les conséquences dans notre société". Pour argumenter son propos, il utilise le thème de la zoophilie. Après avoir démontré que la zoophilie était acceptable, il réfute malgré tout l'idée d'accepter cette idée, parce qu'à cause du phénomène d'émulation d'Internet, il n'a pas envie qu'un jour son fils soit zoophile : "Si un allemand s'enduit les bourses de graines pour se les faire titiller par les pigeons, même si ça me gène pas directement, j'ai pas envie qu'on lui paie ses pépitas... Parce que si un jour mon fils veut partir en vacances en Bavière pour autre chose que de la bière, ça me ferait chier que ça soit avec des graines dans sa valise"

Sur Twitter, Kriss présente cette vidéo comme "Minute Papillon est de retour avec un petit sujet très léger ^^ : La Zoophilie" et dans la description de la vidéo, on peut lire : "La Zoophilie, ça fait ben, du bien au chien !! Attention un sujet peut en cacher un autre ^^. ". C'est la rentrée, et Minute Papillon est de retour. C'est donc après ses congés d'été (si on considère qu'il prend des congés en été comme tout le monde) que Kriss a réalisé cette vidéo. Elle aborde les sujets de l'émulation d'actes "exacerbés" sur Internet, de la zoophilie et du terrorisme. Il peut s'agir d'une analyse simplette de ma part, mais je pense qu'une des causes plausibles de la réalisation de cette vidéo est qu'elle peut provenir d'une réaction à l'attentat de Nice du 14 juillet et aux réactions que l'on peut voir de certaines personnes sur les réseaux sociaux et les émules que ces terroristes font. Je prends beaucoup de pincettes sur ce que je dis.

Sur la forme, Kriss a pris le partie pris de faire sa démonstration en remplaçant l'idée du terrorisme par celui de la zoophilie, pour finalement expliquer que même si un point de vue est défendue et acceptable, on ne doit pas tout accepter.

Pourquoi avoir remplacé le terrorisme par la zoophilie ? Plusieurs raisons possibles : - C'est vendeur, ça fait du clic, ça attire le chaland, surtout pour une vidéo de rentrée. Vu les commentaires en dessous de la vidéo, j'ai ma petite idée sur l'âge des youtubeurs inscrits à la chaine "Minute Papillon". - C'est assez difficile de trouver de la matière pour démontrer que les terroristes sont devenus terroristes parce qu'ils n'ont fait que recopier ce qu'ils ont vu dans les médias (Même si plusieurs médias télévisuels ou de presse dites "traditionnelle" ont pris la décision de ne plus starifier les terroristes, en ne publiant plus leurs photos à la Un). Alors qu'il semble très facile de trouver une source qui stipule que "Les sondages le prouvent : La majorité des actes zoophiles à la campagne, au siècle dernier, étaient perpétués par des gens ayant vu les autres le faire.".

Les actes zoophiles existent à cause d'Internet. Kriss ne prend pas la peine de détailler quel est ce sondage qui date du 20ème siècle. Il n'en donne ni la source, ni la population sondée, ni le protocole mis en place. Peut être parle t il du rapport Kinsey, datant d'autours de 1950 ? Ensuite il prend le raccourci de dire que si un sondage du 20ème a établit que la majorité des actes zoophiles à la campagne étaient perpétués par des gens ayant vu les autres le faire, alors c'est toujours vrai de nos jours, particulièrement à cause d'Internet. Donc "la majorité des actes... à la campagne... au 20ème siècle..." devient dans la tête du visionneur de la vidéo "tous les actes de zoophilie, actuellement, de par le monde, sont des phénomènes de reproduction de ce que des gens ont pu voir sur Internet." Le raccourci est rapide, périlleux, mais terriblement efficace. Bref, les actes zoophiles existent donc à cause d'Internet.

On peut défendre le point de vue de la zoophilie. Oui, c'est possible de démontrer à un défenseur des droits des homosexuels et à un anti-spécisme que la zoophilie est acceptable, en utilisant un argumentaire trèèèèès sommaire, mais qui semble être juste.

Oui mais moi j'ai pas envie que mon enfant devienne zoophile Non, je n'ai pas envie que mon fils devienne zoophile. Pourquoi ? Mais parce que voyons ! Nul besoin ici de démonstration ni de discussion, Kriss joue sur la fibre paternelle, tout le monde y adhère sans broncher, c'est humain. Tout comme certaines personnes disaient, et disent encore : "Je n'ai pas envie que mon enfant devienne PD". Houps, désolé, j'empiète sur la dernière partie de cet article.

Le meilleur pour la fin A ce moment de la vidéo, le spectateur est d'accord avec l'idée qu'il n'a pas envie que son fils ou futur fils devienne zoophile, peut importe les arguments que ce parent ou futur parent pourra entendre, même s'ils sont fondés, les zoophiles sont zoophiles parce qu'ils ne font que répéter ce qu'ils voient sur Internet. Là l'argument massue : Le terrorisme fonctionne comme la zoophilie : par émulation. Donc, je n'ai pas envie que mon enfant ou futur enfant devienne un terrorisme, donc quoi qu'il puisse dire, même si il a conviction que ce qu'il dit est vrai, il est malade et il faut l'aider, il faut lui faire comprendre que s'il est attiré par le terrorisme, ce n'est que par émulation, mimétisme, parce qu'il a vu d'autres personnes le faire.

Conclusion C'est extrêmement sommaire comme analyse, j'en ai conscience. Mais après presque une semaine à me torturer l'esprit afin d'essayer d'analyser cette vidéo, c'est la seule explication que j'arrive à tirer. Kriss semble vouloir expliquer que les terroristes sont terroristes par émulation. Oui mais pourquoi ? Pourquoi cette vidéo ? Pour changer les choses ?

_Les conséquences Je trouve que le canevas de la vidéo est finalement très simpliste. Mais je retiens deux éléments intéressants:

-Les préjugés Kriss apporte ici sur un plateau d'argent de l'eau au moulin des préjugés. Je veux parler de tout ce que les gens "n'aiment pas", "parce qu'ils pensent que c'est n'importe quoi, que c'est extravagant, pas normal", "qu'ils ne veulent pas pour leurs enfants, leur famille, leur ville, leur pays".

"Je n'ai pas envie que mon enfant devienne zoophile". Et pourquoi pas ? Au nom de quoi un parent devrait choisir l'orientation sexuelle de son enfant ? Je dis bien "choisir", et non "juger", parce qu'au final, si on se réfère à la vidéo initiale, la tournure de phrase exacte est "ça me ferait chier que"[...] mon fils soit zoophile". Donc une idée de jugement, pas de choix. Mais après l'analyse de la vidéo que je viens de faire, vous voyez que la zoophilie est à remplacer par terrorisme, et même si un point de vue est compréhensible, il ne faut pas forcément l'accepter. Donc si mon fils devient zoophile, cela peut ne pas être acceptable, et on entre ici dans le choix et non le jugement (qui serait déjà pas terrible)

Imaginez un peu la phrase "Si un allemand se dilate l'anus à l'aide de matières grasses pour se faire enfourner par des mecs, même si ça me gène pas directement, j'ai pas envie qu'on lui paie sa matière grasse... Parce que si un jour mon fils veut partir en vacances en Bavière pour autre chose que de la bière, ça me ferait chier que ça soit avec de la vaseline", il est inutile de vous dire que la vidéo aurait été prise d'assaut par les associations de lutte contre la discrimination. On peut même arguer que, en appliquant ces principes, de nos jours, les homosexuels ne font que reproduire des actes qu'ils ont vu sur Internet, que ce n'est peut être pas une orientation sexuelle !

Mais ça va, la zoophilie, on peut encore taper dessus. Ce principe peut également excuser le racisme : je n'adhère pas aux choix, aux croyances religieuses des autres peuples de la planète. Même si on m'explique que la France est un état Laïc, qu'il ne faut pas avoir peur de l'autre, j'ai le droit de ne pas écouter, parce que au final, je n'ai pas envie que ma fille épouse un musulman. Voyez un peu la portée de l'argument "accepter d'écouter et de comprendre tous les points de vue, sans pour autant ouvrir les bras à tout et n'importe quoi."

-La zoophilie ? Je ne connais pas, mais je sais de quoi je parle Kriss a, en une seule vidéo, balayé d'une seule vidéo tout le contenu de ce site, ses centaines d'articles, ses contributeurs.

Il est vrai que nous voyons, depuis la dizaine d'années que nous le tenons, arriver un très grand nombre de personnes voulant "être initiés, parce qu'ils ont vu des vidéos, découvert une vidéo bandante sur Internet". Mais la base de la communauté qui a mis en place ce site n'est pas constituée de ce genre de personnes. Même si nous ne sommes qu'une minorité au sein d'une minorité, nous sommes la preuve que la zoophilie n'est pas forcément issue du sentiment de vouloir reproduire un geste fait par un autre. Nous sommes assez nombreux à avoir découvert que nous étions attirés par les animaux, tout comme les homosexuels se sont découvert aimant les personnes du même sexe. Nous avons découvert cette attirance alors qu'Internet existait pas, alors que nous ne savions même pas qu'un mot existait pour nommer cette attirance. Nous avons vécu seul, en pensant être seul au monde, que nous seuls étions attirés par les animaux. Ce n'est que vers le début des années 2000 que nous avons recherché sur les pages Internet de l'époque et que nous avons découvert que nous n'étions pas seuls. Une personne m'a même expliqué un jour qu'elle ne connaissait pas le mot "zoophilie", et qu'elle avait cherché les mots clefs "cheval" "amour" pour tomber sur des pages parlant de zoophilie et s'apercevoir qu'il y avait d'autres personnes ayant cette attirance.

"Les vrais savent". Au final, Kriss nous tape sur la gueule d'une façon assez facile, afin d'appuyer ses propos, sans réaliser le mal qu'il peut faire. Oui, la majorité des actes zoophiles sont peut être dûs à un sentiment de reproduction d'un acte aperçu. Mais on fait quoi de la minorité ? Cette minorité qui n'a pas choisi cette sexualité, mais qui l'assume comme elle le peut, avec les difficultés sociales, de la même façon que les homosexuels vivaient leur sexualité il y a une décennie : rejetés, seuls, hors la loi. Combien de zoophiles se sont suicidés à cause de leur orientation sexuelle ? Combien ont été rejetés, et sont encore rejetés aujourd'hui, par leurs proches, par leur famille ?

A travers ce sujet très léger, comme le précise la description de la vidéo, Kriss ne prend même pas la peine de rappeler que la zoophilie en France est un délit, punissable d'une amende et de prison. On aurait aimé, j'aurais aimé un peu plus de traitement et de sérieux dans ce sujet qui nous est assez chère.

Un gout assez amère donc.