Parabole de Nathan

De ZetaWiki
Aller à : navigation, rechercher

La Parabole de Nathan du livre 2 de Samuel a parfois fait l'objet d'une interprétation abusive de légitimation de la zoophilie.

Le troisième verset de cette parabole qui met en scène un riche possédant un grand troupeau et un pauvre qui n'a qu'une seule brebis pouvait prêter à confusion :

« 1 Et l'Éternel envoya Nathan vers David ; et il vint vers lui et lui dit : Il y avait dans une ville deux hommes, l'un riche et l'autre pauvre.
2 Le riche avait des brebis et des bœufs en fort grand nombre ;
3 et le pauvre n'avait rien, si ce n'est une petite brebis qu'il avait achetée et qu'il élevait ; elle grandissait chez lui avec ses fils ; elle mangeait de son pain, buvait de sa coupe et dormait sur son sein, et elle était pour lui comme une fille. 4 Et un voyageur est arrivé chez l'homme riche, et celui-ci a évité de prendre de ses brebis ou de ses bœufs pour en apprêter au voyageur qui était venu chez lui ; et il a pris la brebis du pauvre, et l'a apprêtée pour l'homme qui était venu chez lui. »

Ce petit récit est ce qu’on appelle un mashal, une comparaison plus ou moins développée, aux formes concises et piquantes, du genre « c’est comme », « il était une fois ».

Le genre mashal se décline soit sous forme de sentence dont la Bible fourmille et qui remplit des livres comme celui des proverbes, soit sous forme de fable, et nous connaissons celle des arbres demandant un roi, dans la bouche de Yotam (Jg 9, 7-21).

Contexte

Cette histoire fait référence à l’épisode raconté dans le chapitre 11, où David s’arrange pour faire tuer Urie le Hittite dont il avait pris la femme pour prendre du plaisir, alors que celui-ci était à la guerre. Etant tombée enceinte de David, celui-ci fait rappeler Urie, espérant qu’il profiterait de son congé pour coucher avec sa femme. Mais la droiture d’Urie l’empêche de prendre du plaisir tandis que ses frères d’armes sont au combat.

Alors David met en place un projet terrible : Il renvoie Urie au combat, accompagné d’une lettre pour son supérieur dans laquelle est écrite son arrêté de mort : « Mettez Urie en première ligne, au plus fort de la bataille. Puis, vous reculez derrière lui. Il sera atteint et il mourra. » (2 Samuel 11, 15)

Les ordres de David sont exécutés, Urie meurt, et David peut tout à fait naturellement prendre la veuve de Urie. Ni vu, ni connu, la stratégie semble avoir fonctionné. Tous pouvant croire que Bathshéba porte l’enfant d’Urie… sauf Nathan qui, au nom de Dieu, va conduire le roi à se souvenir de la loi et qu’aucun homme, fut-il le roi, n’est au-dessus des lois.

Interprétation

Dans cette parabole, le riche représente David qui a un harem et à qui les femmes ne manquent pas (2 Samuel 12, 8). Le pauvre représente Urie à qui on prend sa femme mais également Bathshéba dont on tue le mari. La brebis quand à elle représente Bathshéba qu’on prend pour assouvir un plaisir égoïste mais aussi Urie qu’on tue, prenant à Bathshéba celui qu’elle aime et dont elle partage la vie. Urie et Bathséba sont donc doublement victimes de David.

La brebis du pauvre est présentée comme une personne ; elle couche « dans ses bras » littéralement « dans son sein » ; là encore, il est fait nettement allusion aux relations entre époux. Le riche est attaché à ses troupeaux mais pour une raison économique : La brebis du pauvre est pour lui « comme une fille » : en hébreu « fille se dit « bat » : serait-ce une allusion à peine voilée à Bathshéba ?

Les verbes employés pour dire la relation entre le pauvre et sa brebis disent l’intimité de la relation et la profonde affection qui les lie. Cette proximité de vie avec l’animal n’a rien à voir avec une légitimation de la zoophilie, comme certains ont voulu le comprendre. Il s’agit d’une parabole, d’un langage imagé. Mais il semblerait que cette pratique d’un agneau choisi qui vit avec la famille, ait été courante. Il n’y a donc rien de choquant à cette image.

Il semblerait qu’aujourd’hui encore les Arabes élèvent parfois chez eux une brebis choisie, qui va et vient dans la maison, comme chez nous un petit chien, jouant avec les enfants et mangeant de leur main.

Source

http://www.protestants-schweighouse.org/uploads/F_2samuel12paraboledenathan_03-12-2007_17-04-57.doc